Mon histoire
Il y a des moments dans la vie où l'on comprend que l'on a besoin de prendre un autre chemin.
Pendant plus de vingt ans, j'ai été monitrice éducatrice auprès de personnes en situation de handicap. Un métier profondément humain, qui m'a beaucoup appris sur les autres, mais aussi sur moi-même.
Et puis, au fil du temps, quelque chose a changé.
J'avais besoin de retrouver de l'élan. De créer. D'imaginer. De travailler de mes mains. Et surtout, de retrouver cette sensation précieuse d'être libre de construire mes journées et ma vie autrement.
Changer de voie après plus de vingt ans dans le même métier n'avait pourtant rien d'évident. Il fallait accepter de quitter ce que je connaissais, de redevenir débutante, d'apprendre, de me tromper… et parfois aussi de douter de moi.
C'est dans cette période de ma vie que j'ai découvert la maroquinerie.
Et quelque chose s'est passé.
Le cuir, les couleurs, les gestes, la possibilité de partir d'une matière et de voir peu à peu apparaître un objet entre mes mains... J'avais trouvé un endroit où ma créativité pouvait enfin prendre sa place.
Je me suis alors formée au GRETA de Givors et j'ai obtenu mon CAP de maroquinerie en 2025. J'ai poursuivi mon apprentissage auprès de professionnels, multiplié les expériences, appris encore et encore.
Puis en avril 2026, j'ai fait quelque chose qui me paraissait encore quelques années auparavant complètement improbable :
j'ai crée Anaé.
Anaé est née de cette reconversion, mais elle est surtout née d'une envie de liberté.
La liberté de créer selon mon inspiration. De choisir une couleur simplement parce qu'elle me plaît. D'associer des cuirs que l'on n'aurait peut-être pas imaginés ensemble. De regarder une chute de cuir et de me demander ce qu'elle pourrait devenir.
Je ne cherche pas la perfection ni les créations toutes identiques. J'aime les pièces qui ont une personnalité, les petites particularités du fait main, les idées qui évoluent en cours de route et ces heureux hasards qui rendent parfois une création encore plus belle que je ne l'avais imaginée.
Aujourd'hui encore, je doute parfois. J'apprends toujours. Je cherche, j'essaie, je recommence.
Mais lorsque je vois quelqu'un s'arrêter devant mon travail, sourire devant une association de couleurs, prendre un sac dans ses mains ou choisir l'une de mes créations parce qu'elle lui a procuré ce petit quelque chose… je mesure le chemin parcouru.
Et j'en suis fière.
Parce qu'Anaé n'est pas seulement une marque de maroquinerie.
C'est un nouveau chapitre de ma vie.
Celui que, cette fois, j'ai choisi d'écrire moi-même.
